Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes de son Plan Santé, doté de 3,4 milliards d’euros et chargé de réformer le système de Santé. Parmi les différents changements évoqués, la création du poste d’assistant médical ne laisse pas sans voix, générant l’approbation des uns et l’inquiétude des autres.

Loin d’être une révolution, on nous sert du réchauffé :

On connaît l’équivalent chez les radiologues, les dentistes et les ophtalmologistes. Il s’agit d’avoir du personnel, brièvement formé (entre un à deux ans de formation), afin « d’accompagner et décharger les médecins d’actes médicaux simples ». En un mot, avec les assistants médicaux, les pré-consultations vont voir le jour dans toutes les spécialités afin de pouvoir répondre mieux et davantage à la demande de soins sans cesse en augmentation. En tout cas, c’est l’objectif affiché.

L’expérience parle d’elle-même : les médecins font face à plus de charges sans pour autant résoudre leur problème.

Lorsque l’on sait qu’il y a plus d’un an d’attente en province pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste, que les noms des dentistes qui acceptent les nouveaux patients se transmettent sous le manteau alors que ce sont des professionnels qui bénéficient déjà de ces assistants, on ne peut que constater l’échec d’une telle pratique. A l’ère de l’IA, des objets connectés, a-t-on envie de créer une « nouvelle » profession, une version dégradée du métier d’infirmiers, qui demandera un travail de machine à un humain (prendre des mesures, faire de l’administratif…) alors que sa propre valeur ajoutée va être dans le contact, le raisonnement, la prise de décision. Ainsi, chers amis de la classe politique, on est en droit de se demander si cette ordonnance ne serait pas plus un leurre de réponse au chômage qu’une solution pour améliorer notre système de santé…

Une réponse à un véritable besoin :

Burn-outs et suicides des professionnels de Santé (1 professionnel de santé sur 4 pense ou a pensé au suicide - Enquête réalisée par l’association Soins aux Professionnels de Santé), surcharge des services d’urgence, déserts médicaux, notre système de Santé est un navire qui sombre sous les flots d’une société qui évolue socialement et démographiquement sans que celui-ci ne s’adapte. Une réforme s’impose donc.

Des nouvelles technologies qui changent la donne :

Quitte à demander de réaliser des fonctions machinales, regardons ce qui se passe du côté des « machines ».

Les nouvelles technologies ont une influence significative sur l’évolution du système de Santé. Quand les agendas connectés annoncent 30% de temps de secrétariat en moins et une réduction de 75% des rendez-vous non honorés, la question se pose : « que vont faire les secrétaires de ce temps gagné ? » Quitte à parler d’évolution des métiers, en voilà une toute désignée qui visera à limiter les pertes d’emploi. De là à espérer 4 000 postes supplémentaires créés, il reste du chemin à parcourir.

Mais les agendas connectés ne sont pas les seuls à répondre à cette problématique, Follow a déjà développé ce système de pré-consultation en impliquant le patient en salle d’attente. Son système de tablette avec un interrogatoire choisi par le praticien fait gagner jusqu’à 35% du temps médical. Ce système prévoit dossier médical partagé, consentement et suivi patient le tout « RGPD friendly ». Deux choix s’offrent donc à nous : voir nos secrétaires médicales perdre leur emploi, payer avec l’argent du contribuable 50 000€/an/assistant et continuer de voir les cabinets s’engorger. Ou alors, conserver nos secrétaires médicales à leur poste et les rediriger vers plus d’accueil patient et investir dans le numérique pour dégager du temps médical. La bonne nouvelle ? Un agenda connecté et Follow ne coûtent que 2500€/an : même le contribuable est content !

La start-up nation aurait, finalement, peut être intérêt à aider les médecins dans leur transformation digitale plutôt qu’à créer des nouveaux postes qui ne viendront que combler la fin d’anciens. Cela aurait pour effet de dégager du temps médical tout en augmentant la qualité de la prise en charge et du suivi patient, et accessoirement les start-ups continueraient à recruter (11 000 créations nettes d’emploi en 2017). Alors, ces assistants médicaux, on est vraiment sûr d’en vouloir ?